Create a boardgame in 48 hours (1/2)

Le week-end du 13 au 15 novembre 2020 s'est tenue la Game Jam 8ème édition, organisée par l'association Do It Your Game. Le challenge de base est simple : créer un jeu en 48h ! Ajoutez à cela des contraintes pour stimuler la créativité et vous obtenez des jeux originaux en peu de temps. Revivons ensemble ces deux journées qui se sont conclues par une production Beyond the Box : El Diablo vs Captain Guacamole !

Les contraintes

Il est 17h 52, nous sommes le Vendredi 13 Novembre 2020 et nous attendons la prise de parole de l'équipe Do It Your Game qui va sonner le démarrage de cette Game jam. Tout ce que nous savons pour le moment, c’est que dans 48h, nous devons avoir un jeu fini et prêt à être diffusé en Print&Play.

Game Jam ? Print&Play ?

Une Game Jam est un évènement auquel participent des auteurs, des graphistes et des créateurs de jeu en tout genre. Une Game Jam s'étale sur une durée définie, de quelques heures à quelques mois, et impose un certain nombre de contraintes, un thème ou du matériel. Les créateurs doivent proposer un jeu qui respecte toutes les contraintes dans le laps de temps imposé.

Le Print&Play est un format de jeu de société bien particulier. Littéralement Imprime et Joue, un jeu en Print&Play est disponible en ligne généralement en format PDF. N'importe qui peut l'imprimer et y jouer de chez lui après quelques découpes éventuelles. Ce format est très plébiscité lors de ce genre de Game Jam car n'importe qui peut participer en envoyant sa candidature et son jeu en PDF aux organisateurs.

Il est déjà 18h02 ! La vidéo est en ligne, nous sommes tout ouïe.
Le challenge est un format MiniPrint : le jeu doit intégralement tenir sur 4 feuilles A4. Le jeu doit intégrer au minimum 2 des 5 figures imposées issues du jeu de Tarot : la Lune, le Diable, la Mort, le Jugement et la Force.
Le matériel est très restreint et les thématiques sont nombreuses. C’est parti, tout le monde se souhaite une bonne Game Jam sur Discord, le chat en ligne, et on se revoit dans 48h !

L’approche Beyond the box

La base d’un bon jeu repose sur un problème auquel le joueur va se confronter pour tenter de le résoudre ("The Art of Game design : A book of lenses" par Jesse Schell, Lense #8 Problem Solving). Dans un jeu compétitif, cela se traduit souvent par un conflit entre joueurs incarnant des antagonistes. Le diable nous fera un antagoniste de choix : il est crédible et suffisament fort pour valoriser le futur protagoniste. L’objectif n’est pas d'en faire un méchant, mais bien un personnage puissant et intéressant à incarner.

L’univers mexicain et sa fête des morts est très en vogue dans le milieu ludique actuellement, notamment avec Fiesta de Los Muertos. C’est festif, c’est coloré, c’est exactement l’ambiance qui permet de dédramatiser le diable et même d’en faire un personnage amusant. D’autres thématiques pourront aisément être utilisées comme situation ou évènement de notre conflit dans cet univers.

Nous nous penchons alors sur l’histoire à raconter. L’histoire est l’un des premiers vecteurs d’émotions auquel est sensibilisé un acheteur en boutique. Il ne faut pas non plus le négliger même sur un jeu créé en 48h. De la même manière, c’est ce qui attirera l’œil d’un jury par rapport à des dizaines d’autres jeux proposés.

El Diablo nous évoque le monde culinaire : ce pourrait être le nom d’une sauce, d’un chili extra fort, d’un cuisinier mexicain … En lien avec les thématiques du Jugement et de la Force, El Diablo pourrait prendre part à une compétition de confection de Tacos et rencontrerait d’autres personnages. Nous cherchons alors d’autres personnages suscitant le jeu et rappelant l’univers. Nous évoquons Captain Guacamole, il aurait une dominante verte qui clive pertinemment avec El Diablo qui lui serait rouge.

Nous vient alors l’idée de présenter le jeu comme l’affiche d’un combat de "Lucha Libre", les catcheurs au Mexique : c’est accrocheur, ça attire l’œil et ça renforce l’imaginaire. Nous orientons les graphismes en ce sens : un gros titre central qui annonce le match, des personnages qui se font face prêts à en découdre et le tout sur fond décoloré et tâché.

Le temps tourne, nous validons ce point de départ et passons à la contrainte du matériel.

Comment répartir les 4 feuilles ?

Quelle place nous prendra la règle de jeu ?

Une personne fait déjà un réel effort en téléchargeant et imprimant notre jeu. Pour essayer de la faire jouer le plus rapidement possible, il est nécessaire d’avoir une règle lisible et des éléments pratiques à découper.
Notre feuille sera imprimée, il faut donc choisir une police et une taille de police qui conviennent à cet usage. Il ne faut pas hésiter à intégrer des schémas qui aèrent la règle et facilitent la compréhension (Article à venir : "Cette règle de jeu tient sur une page"). Avec une première image qui exprime le conflit que le joueur va devoir essayer de régler, nous réservons une feuille recto verso pour la règle.

Quelle place nous prendra les éléments jeu ?

D’après notre idée de base, nous nous dirigeons plutôt vers une mécanique de pose de cartes. Il existe de nombreux format de cartes standardisées (Article à venir : "Quels cartes pour quels jeux ?"). Une feuille A4 permet notamment d’accueillir 16 mini-cartes de 43mm par 68mm sans perte de matière. Utilisées dans 7 Wonders Duel et Aventuriers du rail, elles sont rigides du fait de leur ratio surface/épaisseur et les joueurs y sont habitués. C’est le format qui génère le plus grand nombre de cartes sur une seule feuille tout en restant agréable à manipuler pour les joueurs.

Nous partons ainsi sur une base de : une quinzaine de cartes pour El Diablo, de même pour Captain Guacamole et le reste pour les éléments centraux.

Le pitch

Nous sommes samedi, de nombreux créateurs ont déjà communiqué sur Discord pour parler de leur jeu et mettre l'eau à la bouche. À notre tour de "pitcher" notre jeu. L’objectif du pitch est de piquer au vif la curiosité du lecteur et de le motiver à passer à jouer. Ce sera l’élément à mettre en avant dans la communication autour du jeu et au début de la règle.

El Diablo, reconnu au-delà des frontières du Mexique, va défendre une fois de plus son titre de meilleur maître Tacos du monde ! C'est la 666ème édition, le jury a déjà préparé les commandes techniques sur lesquelles les concurrents vont devoir s'affronter. Seul petit couac, il n'y a qu'un seul concurrent : El Diablo. N'y a-t-il personne prêt à relever le défi ?
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Digling !! Un bruit de guitare retentit ... Toutes les têtes se tournent vers l'origine du son. Il fend la brume, il s'agit de ... Captain Guacamole !!!

Affiche finale

Affiche finale

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