Game Jam #10 Do It Your Game : Le Point technique

La Game Jam #10 de Do It Your Game s’est terminée il y a plusieurs jours maintenant et le jury est en train d’examiner toutes les propositions. Profitons-en pour revenir sur certains jeux et faire le point technique de cette Game Jam.

La Contrainte

L’invité de cette 10e édition n’était autre que le Capitaine Meeple en personne ! C’est lui-même qui a suggéré la contrainte majeure de l’évènement : le jeu doit porter sur l’une des 3 citations sélectionnées par le Capitaine Meeple et issues du roman “20.000 Lieues Sous Les Mers” de Jules Verne.

Approche de la thématique

Première citation : “Si l’on admet l’hypothèse d’Erhemberg, qui croit à une illumination phosphorescente des fonds sous-marins, la nature a certainement réservé pour les habitants de la mer l’un de ses plus prodigieux spectacles, et j’en pouvais juger ici par les mille jeux de cette lumière. De chaque côté, j’avais une fenêtre ouverte sur ces abîmes inexplorés.”

Plus qu’une mécanique, cette citation nous incite à réfléchir sur le matériel et l’ambiance du jeu. Nous nous imaginons en train d’observer les fonds marins sans aucune autre lumière que celle des fonds marins eux-mêmes. Nous sommes plongés dans un univers rempli de couleurs vives et contrastées. C’est ce qui s’est retrouvé dans plusieurs productions de cette Game Jam :

  • Dans 20.000 Couleurs Sous Les Mers de Ludovic Jaulain, les joueurs observent des espèces d’animaux colorés et tentent dans de transmettre le maximum d’observations à leur partenaire. Retenir les couleurs des animaux est l’une des mécaniques principales de ce jeu.

  • Dans Phosphorama de Thibaut Andrieux, c’est à vous de réaliser des spectacles phosphorescents ! Vous devez réaliser des combinaisons de cartes de la même couleur pour satisfaire différents objectifs au cours de la partie et remporter le plus de Points.

Deuxième citation : “Ned Land serait seul chargé de diriger l’embarcation. D’ailleurs, la terre se trouvait à deux milles au plus, et ce n’était qu’un jeu pour le Canadien de conduire ce léger canot entre les lignes de récifs si fatales aux grands navires.”

Cette citation nous dirige plutôt sur le but du jeu et ce que représenteront les actions du joueur : diriger une embarcation. C’est une base solide pour imaginer ensuite le décor dans lequel les joueurs vont se déplacer. Est-ce que ce sera une course à celui qui atteint un objectif en premier ? Est-ce que ce sera des manœuvres coopératives ? Tout est possible :

  • Dans Garde le Cap ! de Thomas Favrelière, les joueurs déplacent leurs embarcations sur un plateau constitué de tuiles. Certaines tuiles vous rapportent des points tandis que d’autres ont des effets. Celui qui atteint la berge le premier remporte un bonus de points en fin de partie. Le tout joliment illustré, c’est simple et ça fonctionne bien.

  • Dans FishN Speed de Jimmy Gouvary, les joueurs se lancent dans une course effrénée à celui qui atteint la ligne d’arrivée le premier. Tantôt en surface, tantôt en profondeur, les joueurs usent de leurs cartes pour optimiser leur avancement.

Troisième citation : “À peine pouvais-je saisir à leur rapide passage des squales au long nez, des squales-marteaux, des roussettes qui fréquentent ces eaux, de grands aigles de mer, des nuées d’hippocampes, semblables aux cavaliers du jeu d’échecs, des anguilles s’agitant comme les serpenteaux d’un feu d’artifice, des armées de crabes qui fuyaient obliquement en croisant leurs pinces sur leur carapace, enfin des troupes de marsouins qui luttaient de rapidité avec le Nautilus.”

Recoupée avec les autres, c’est LA citation qui a le plus inspiré les créateurs. Les animaux dans les jeux de société, ça plait instantanément. Les joueurs s’identifient immédiatement à leurs compagnons marins. Il y a de quoi en faire des pions, des tuiles, des cartes, etc. Mais c’est également la citation qui laisse le plus de liberté, car il y a tout à imaginer autour des animaux marins, d’où le croisement avec les autres citations.

  • Dans Whale Fall de Durand et Agathe Loubière, les joueurs tentent ensemble de regrouper des animaux identiques sans pouvoir communiquer ouvertement(à l’image de Yokaï). Avis aux amateurs de challenge.
  • Dans À Contre Courant de Julien Née, la mécanique principale consiste à arranger les animaux et en éclairer certains pour remporter un maximum de Points de Victoires.

Catégorie des propositions

La thématique liée aux animaux a attiré la majorité des créateurs à penser leur jeu pour toute la famille. Et pourtant, plusieurs propositions ont été faites à destination de joueurs confirmés avec pléthore de mécaniques pour être le plus réaliste possible. En parcourant les extrêmes :

  • Dans 20 mille Cartes sous le Deck de PaulUnderscore, les joueurs doivent être le premier à réunir deux cartes réparties parmi 36 cartes. Les actions des joueurs sont simples : piocher 3 cartes, couper une pioche … La part de hasard prend une place importante, mais ça se joue très simplement.

  • À l’opposé dans Ifremer de Cryx, les joueurs se partagent le rôle d’explorateur et de responsable d’étude. En équipe de 2, ils explorent les fonds marins divisés en différentes sections et observent des familles d’animaux pour gagner des points de victoire. De retour à la surface, l’équipe dépense des points d’études pour obtenir des objectifs, des effets avantageux pour eux ou encore des embuches pour désavantager l’équipe adverse. Plus réaliste, l’équipe qui optimise le mieux remporte la partie après plusieurs plongées.

Les Mécaniques de jeux

Certaines mécaniques en particulières ont été déclinées à plusieurs reprises dans différentes créations. Le mystère des fonds marins s’est matérialisé par des jeux basés sur l’observation et la réflexion :

  • Dans Lux de Tibo SERIES, les joueurs arrangent sur la table des cartes sur lesquelles sont représentées des animaux marins. Ils doivent arranger les cartes de manière à aligner certains animaux selon l’objectif qu’ils souhaitent réaliser. Le jeu progresse en difficulté au fur et à mesure de la partie pour finir par se triturer les méninges.
  • Dans Code Nautilus de Xavier Lutard, les joueurs permutent des animaux répartis sur un plateau. Le but est de réaliser un maximum d’arrangements bien spécifique d’animaux.

D’autres créateurs ont utilisé la diversité des animaux pour leur attribuer à tous une manière différente de se déplacer sur un plateau de jeu :

  • Dans Les Cavaliers du Nautilus de Julien Hancke, les deux joueurs invoquent des hippocampes et les font se déplacer sur un plateau de jeu pour chaparder un morceau de trident situé dans le camp adverse. Pour gagner, un joueur doit posséder les deux morceaux de tridents assemblés dans son camp. Mention spéciale pour les illustrations.

  • Dans Fuis ! N’Ships de Pascal Frangin et Stéphane Moiroux, l’un des joueurs contrôle le Nautilus et programme ses déplacements afin de récolter 6 jetons Corail. Tandis que son adversaire invoque des animaux d’après une mécanique de deck-building pour empêcher le Nautilus d’arriver à ses fins. Les animaux invoqués ont tous un déplacement différent directement issu du jeu d’échecs.

Au total, ce sont 25 créations qui participent à la Game Jam. Les propositions sont de plus en plus travaillées au fil des Game Jam et ça se ressent tant dans les illustrations que les mécaniques de jeux ! Alors que le jury est en pleine phase de test, une chose est sûre : ce sera difficile de départager les meilleures propositions !

Laissez un commentaire